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De la puissance des sentiments, des émotions ou des affects — en somme, des « passions » (du latin passiones : les souffrances, les épreuves) — la littérature et les arts n’ont cessé de dire les forces vives. Qu’est-ce qu’un sentiment qui est à la fois une souffrance et une épreuve? Qu’est-ce qu’une émotion, un affect qui a la couleur de passions infranchissables, hostiles, destructrices? Les sentiments hostiles (entendons les sentiments qui font mal, qui divisent, aliènent, obsèdent) ne s’inscrivent-ils pas sur cette ligne tout à fait spécifique où le sujet affectif qui est en cause risque à tout moment de rencontrer son point de division douloureuse ; là où le sujet vole en éclats par excès et contradiction du mouvement familier de sa psyché.

Tous les sentiments ne sont pas « hostiles », bien sûr. Ils ne sont pas toujours de l’ordre de la passio que l’on subit, qui nous traverse ; mais il est des sentiments qui déchirent, bouleversent, embrouillent, et qui vont au-delà de nos propres frontières intimes ; des sentiments qui en font trop et qui, pour cette raison, ébranlent et excèdent ; des sentiments, enfin, que l’on éprouve comme étrangers à nous-mêmes et que l’on dirait impossibles, difficiles à vivre. Interroger ces sentiments, c’est au fond s’interroger sur les moments d’égarement affectif, d’errance subjective, lorsqu’on perd de vue la limite, ou lorsqu’on oublie la place de cette étrangeté qui nous pointe, nous vise et nous enserre ; entre dedans et dehors, entre intériorité et extériorité ; entre soi-même et l’autre.

Créé en 2024 et réunissant plusieurs chercheur.e.s de différents horizons (littérature, cinéma, études médiatiques, psychanalyse, histoire et histoire de l’art), le Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les sentiments hostiles propose d’étudier et de théoriser les sentiments dits « négatifs » de manière à en mesurer la complexité intrinsèque lorsqu’on les voit représentés et problématisés dans différents champs de notre imaginaire collectif et individuel.  En s’appuyant sur trois axes principaux,

  1. Représentation et narrativité
  2. Psychanalyse
  3. Culture et histoire

les travaux du Laboratoire proposent d’ouvrir un champ de réflexion sur l’imaginaire des affects, leurs modalités phénoménologiques ou leur logique inconsciente qui bien souvent participent au choc des discours.

Nous contacter :

lussier.alexis@uqam.ca